Les World Series of Poker fabriquent des légendes depuis plus d'un demi-siècle. Chaque été, des milliers de joueurs traversent la planète avec le même rêve : atteindre la table finale du Main Event et inscrire leur nom au palmarès du tournoi le plus prestigieux de l'histoire du poker. Pour l'immense majorité, ce rêve s'arrête bien avant les dernières cartes. Pour Mario Boos, il est désormais devenu une réalité.
Après des journées de compétition éprouvantes, le joueur français s'est frayé un chemin jusqu'aux neuf dernières places d'un tournoi qui a une nouvelle fois rassemblé plusieurs milliers de participants. Une performance qui change une carrière, mais aussi un statut. En l'espace de quelques jours, celui qui évoluait jusque-là loin des projecteurs est devenu l'un des principaux espoirs français sur la scène mondiale, porté par un élan populaire rarement observé ces dernières années.
Entre deux séances de préparation, quelques jours avant de s'asseoir sous les lumières de la table télévisée de Las Vegas, Mario Boos a pris le temps de répondre aux questions de LivePoker. Préparation mentale, travail technique avec son équipe, pression, soutien du public, ambitions et état d'esprit : le Français évoque avec beaucoup de sérénité ce rendez-vous qui pourrait faire basculer sa carrière dans une toute autre dimension.
Mario Boos : Finalement, ma préparation reste assez classique. Je travaille la théorie, le mental et le physique afin d'arriver dans les meilleures conditions possibles. Il n'y a rien de vraiment extraordinaire dans la méthode, simplement beaucoup de sérieux et de rigueur pour être prêt le jour J.
Mario Boos : Davidi possédait déjà des parts chez moi, il était donc logique qu'il fasse partie de l'aventure. Concernant Adrien, nous avions plusieurs amis en commun. Nous avions tous les deux envie de travailler ensemble et les choses se sont faites très naturellement. Quant au troisième membre de l'équipe, vous connaîtrez son identité une fois le tournoi terminé. Il y a une bonne raison pour laquelle je préfère ne rien dévoiler aujourd'hui.
Mario Boos : Nous avons énormément travaillé, mais je ne vais évidemment pas entrer dans les détails. En réalité, ils n'ont pas cherché à modifier mon jeu. L'idée était surtout d'affûter certains aspects, de peaufiner les derniers réglages pour arriver parfaitement prêt lundi.
Mario Boos : Oui, clairement. Il y a un point très important que nous faisions presque instinctivement mais que je n'exploitais pas assez. Aujourd'hui, je me rends compte à quel point c'est puissant. En revanche, ça fait partie des choses que je préfère garder pour moi... au moins jusqu'à la fin du tournoi.

Mario Boos : Oui, plusieurs amis sont ici avec moi à Las Vegas. Ceux qui n'ont pas pu venir me soutiennent également à distance. À notre âge, beaucoup ont une famille ou un travail et il est difficile de partir à l'autre bout du monde en quelques jours. Mais je sens vraiment que tout le monde est derrière moi et ça me fait énormément de bien.
Mario Boos : Non, parce que ce serait une erreur. Si je me fixe un objectif comme un Top 3, inconsciemment je risque de modifier ma manière de jouer pour y parvenir. Mon objectif est simplement de jouer mon meilleur poker. Je sais comment adapter mon jeu selon les situations, mais je ne veux surtout pas me fixer de limite.
Mario Boos : Honnêtement, je ne ressens aucune pression pour l'instant. Peut-être que cela changera dimanche ou lundi, mais aujourd'hui je suis très serein. J'ai disputé énormément de tables finales dans ma carrière. Bien sûr, aucune avec des paliers de gains à 250 000 dollars, mais l'expérience reste la même. J'ai déjà remporté des tournois en étant très short stack et j'en ai aussi perdu alors que j'étais énorme chipleader. Dans le poker, tout peut arriver.

Mario Boos : Un immense merci. J'ai reçu une quantité incroyable de messages. Bien sûr, j'ai aussi beaucoup de soutien en Allemagne et en Suisse, mais voir autant de Français derrière moi me touche énormément. Je culpabilise presque parfois de mettre autant de temps à répondre tellement les messages sont nombreux. Représenter la France dans le plus grand tournoi du monde, c'est quelque chose d'extraordinaire.
Mario Boos : Je n'ai pas vraiment discuté avec les anciens finalistes français, mais j'ai passé beaucoup de temps avec Hussein Ensan. Nous nous connaissons depuis longtemps grâce à Rozvadov. C'est quelqu'un d'incroyablement bienveillant. Il venait régulièrement prendre de mes nouvelles, me demandait comment je me sentais. C'est vraiment une personne exceptionnelle.
Mario Boos : Certainement. Je parle allemand aussi naturellement que le français puisque j'ai grandi de l'autre côté de la frontière. En revanche, je tiens à préciser une chose : je suis français et je me sens totalement français. J'ai simplement vécu de nombreuses années en Allemagne, ce qui m'a permis de créer beaucoup de liens avec les joueurs allemands. D'ailleurs, lorsque Hussein s'est aperçu que je parlais allemand, le contact s'est fait immédiatement.

Mario Boos : Merci beaucoup.
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(Crédit photo : poker.org)